HADOPI : Mao Dit Oui

Publié le par Amrith Zêta

 

 

La cinétique obscurantiste et clientéliste du sarkozisme ne semble plus connaître aucune limite.
Complètement détachée, l'opposition socialiste lui accorde le pont d'or dont elle avait besoin pour s'imposer. 
  
HADOPI se présente comme l'hydre neo-soviétique prônée par un gouvernement qui revendique la stricte application des principes du libéralisme quand il s'agit de laisser les petits la tête dans le caniveau, et l'interventionnisme d'Etat tous azimuts lorsque l'urgence est au secours des amis fortunés, qui voient leur chiffre d'affaire diminuer en raison, non pas uniquement de l'existence virtuelle d'odieux pirates, mais de l'inéluctabilité du temps qui passe. Avec l'appui d'une poignée d'industriels préhistoriques, désireux de sauvegarder leur rente oligopolistique en refusant toute remise en question, et d'une majorité de médias français qui brillent par leur silence teinté de connivence, les laquais de l'UMP ont choisi de fabriquer les modalités d'une exception juridique atterrante, en promouvant un système attentatoire à la chinoise dont les principaux faits d'armes seront pêle-mêle : la surveillance du net, la création d'une police privée, l'exercice de la justice de l'intérêt particulier, l'inversement de la charge de la preuve, le filtrage, la coupure des moyens de communication, la mise en place d'une liste blanche, la labellisation, l'exaltation d'une culture officielle... et nous ne sommes pas au bout des surprises.

Tandis que les Albanel, Lefebvre, Riester et autres fossoyeurs du droit en ordre de bataille mobilisent des moyens de fliquage qu'aucun gouvernement européen n'oserait déployer dans sa lutte contre le terrorisme, et ce dans la perspective inique de ficher quelques internautes indélicats, les poseurs de bombe, marchands d'enfants et chantres du nazisme peuvent bien entendu dormir sur leurs deux oreilles, et se gausser mains croisées sur la panse de l'archaïsme franco-français en action.

Obscurantisme : idéologie qui défend une attitude de négation du savoir ou de restriction dans la diffusion d'une connaissance [...] pour des raisons de toutes sortes - intérêt personnel, craintes sociales etc...

Après avoir cédé devant l'injonction de ne plus fumer, de ne plus boire, de laisser la précarité devenir la norme banalisée, de renoncer à toute hypothèse d'avenir, la jeunesse hexagonale doit maintenant se résigner à la privation d'internet et au musèlement étatique des nouvelles technologies pour l'intérêt exclusif de quelques businessmen. On a coutume de dire que les français ont la mémoire courte en politique, mais pour une fois, on peut imaginer que les rétrogrades de l'hémicycle et suppôts inconditionnels du président trouveront prochainement réponse à la hauteur de l'agression commise, laquelle reste sans équivalent au monde, en dehors des plaines de Mao.   

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