Brève Review De Evangelion : 1.0 You Are (Not) Alone

Publié le par Amrith Zêta

Bien que la sortie du film Evangelion : 1.0 You Are (Not) Alone remonte déjà au 01 Septembre 2007 au Japon, il aura donc fallu attendre le 04 Mars 2009 pour le voir sur les écrans français... et autant de temps moins un mois, pour que je me persuade de finaliser puis de publier la review qui suit. Davantage review que critique puisque, comme ceux qui projettent de la lire le remarqueront, le petit texte confine régulièrement à l'éloge et à l'approbation. Ce caillou ne résorbe en aucun cas le trou laissé par la quasi-absence de critiques étayées du film - y compris négatives - sur le net francophone, mais les caillous sont faits pour s'empiler les uns sur les autres.
Afin de ne pas être victime ultérieurement d'un coup de poignard dans le dos, je me dois de préciser que la review contient plusieurs SPOILERS relatifs au film, qui évitent tant bien que mal de se vautrer dans les détails plus cardinaux de l'intrigue. A vrai dire, le vagabond qui a déjà consulté les divers trailers et billets postés sur Eva Express ne devrait pas réellement être éclaboussé - d'autant qu'accessoirement, avoir vu la série est en soi le plus gros des spoilers que l'on puisse concevoir. Prudence tout de même. Ces choses dites, mon ami, il t'appartient ici et maintenant de poursuivre ou non la lecture de ces SPOILERS...
Parlons donc de Eva : 1.0, premier volet de la tétralogie - en réalité trilogie - Rebuild Of Evangelion, aka New Century, qui revisite à sa façon le culte Neon Genesis Evangelion et offre son premier baptême de l'air au studio Khara, fondé par Hideaki Anno.


La même équipe aux commandes

Ce qui frappe et enchante dès lors que l'on examine les crédits du film, c'est que l'on y retrouve, souvent à des postes identiques, certains des plus importants contributeurs engagés sur la série treize ans plus tôt. En essence, Eva : 1.0 est clairement l'oeuvre de l'équipe d'origine qui avait mené à bien NGE et The End Of Evangelion (TEOE) de 1995 à 1997. Un staff de survivants donc, auquel se sont ajoutées pour l'occasion quelques nouvelles têtes soigneusement triées parmi le nectar. Sans surprise, Hideaki Anno, initiateur du projet, assure les fonctions de superviseur et de scénariste du long-métrage fondateur de Khara.

A la réalisation,  il refait appel à son plus proche associé, Kazuya Tsurumaki, assistant réalisateur de l'ensemble de la saga, à qui l'on devait notamment la mise en scène de l'impressionnante première partie de TEOE. Il est épaulé dans sa tâche par Masayuki, responsable de Evangelion : Death (E:D), devenu incontournable après avoir d'un même élan réalisé, co-storyboardé et dirigé l'animation de l'emblématique Episode 24. Au storyboard des nouvelles scènes, Anno a sollicité son ami de jeunesse et réalisateur live à ses heures, Shinji Higuchi - lequel avait donné son prénom au Shinji de la série - favori des fans pour son travail dynamique sur les Episodes 08 et 09. A ses côtés pour lui prêter main forte, un transfuge du studio Bones, l'excellent Tomoki Kyoda dont il s'agit du premier contact avec Evangelion mais qui avait brillé aux manettes d'un robot anime pas si éloigné, Eureka Seven en 2005. Il amène avec lui un proche collègue, Hiroshi Haraguchi, qui hérite carrément de la direction de l'animation. Au rayon des inévitables, il était acquis que Yoshiyuki Sadamoto et Ikuto Yamashita récupèreraient leur place, respectivement au chara-design et au mecha-design, et c'est bel et bien le cas. Toutefois, leur apport le plus consistant reste encore à venir, précisément lors du second film, qui révèlera une nouvelle héroine et deux Evas inédites.

D'autres membres du staff original oeuvrent sur le film à des postes cruciaux. Takeshi Honda, probablement le meilleur directeur de l'animation à l'ouvrage sur la série - cf combats des Episodes 02, 08 et 19 - supervise l'animation des séquences mécaniques, Evas et ville confondues. Shunji Suzuki en fait de même sur les séquences à personnages, lui qui avait entre autres dirigé l'animation des Episodes 01 et 05, segments que l'on retrouve copieusement repris dans Eva : 1.0. En ce qui concerne les animateurs, là aussi plusieurs vétérans de Evangelion sont de la partie, à commencer par Kazuchika Kise de Production IG qui avait supervisé l'animation des Episodes 13 et 18. En fait, à l'exception peut-être de l'immense Mitsuo Iso, trop occupé sur son bébé Dennou Coil durant la production du film, tous les intervenants les plus talentueux de la série ont remis un pied à l'étrier.

Cerise sur le gâteau, ou plutôt condition obligatoire à la bienveillance préalable des fans, le casting vocal est scrupuleusement identique à celui qui avait cours dans les précédentes incarnations Evangelion. Il était inconcevable de faire sans, et c'est avec un plaisir intact que l'on redécouvre les meilleurs seiyuu de l'archipel réunis sous la bannière de cette résurrection médiatisée, égaux sous tous rapports à la légende. Parmi eux, Megumi Ogata [Shinji] et Mitsuishi Kotono [Misato] se taillent la part du lion et excellent comme à leur habitude dans la peinture des états mentaux de leur personnage.
















Une révision des six premiers épisodes

Bien que la trilogie Rebuild Of Evangelion ait été très tôt présentée comme une création neuve et non un remake, son premier volet véhicule malgré tout une forte impression de redite. Avec un storyboard à 70% similaire à celui de la série, et donc autant de plans identiques à divers degrés, Eva : 1.0 peut de prime abord s'apparenter à une simple et frustrante customisation dénuée de motif. Très conforme aux six premiers épisodes, dont il reprend mise en scène et fil narratif parfois jusqu'aux plus menus détails, le film a pour objet implicite de planter le décor et de semer les graines qui permettront au second opus de se démarquer de la série pour de bon. En effet, une observation attentive du long-métrage rend compte de l'idée qui préside à l'ouvrage : amener par petites touches à l'ouverture de cette "nouvelle histoire" que le teaser faisait miroiter. Si Eva : 1.0, qualifié d'introduction par le staff lui-même, ne surprendra que sporadiquement un public déjà converti, ce qu'il promet en revanche de l'ensemble de Rebuild Of Evangelion, au vu de la séquence finale, est littéralement énorme. Sans aucun doute, au terme du film, la machine de l'émancipation est lancée et les choses sérieuses peuvent commencer. On pourra reprocher tant que l'on veut à l'anime d'avoir consacré 90 minutes à introduire le changement plutôt que de débuter d'office sur un postulat radicalement distinct, il n'empêche que le résultat n'est pas sans mérites, loin de là. Revisiter ainsi les six premiers épisodes, qui à l'époque côtoyaient la perfection en matière de story-telling, en y glissant de nouveaux éléments tout droit venus de la seconde moitié de la série, a quelque chose de stimulant dans la manière de croiser les deux tonalités correspondant elles-mêmes aux deux "périodes" qui scindent l'anime original. Ironiquement, c'est surtout le spectateur "casual", celui ayant parcouru NGE une ou deux fois seulement, qui risque d'invectiver avec véhémence le recyclage du storyboard initial : pas assez profane pour n'y voir que du feu, pas assez impliqué non plus pour repérer les transformations les plus subtiles, il est malencontreusement le mieux placé pour brocarder le résultat comme étant une vaste escroquerie.

Dans ce film largement indexé sur le matériel de 1995, ce sont en fait les Episodes 04 et 06 qui bénéficient d'un réhabillage et d'une réécriture considérables. Pas les plus réputés de la série, mais qui gagneraient à l'être. Le premier d'entre eux, chronomètre oblige, a été sévèrement amputé pour tenir en, incroyable mais véridique, sept petites minutes seulement. On imagine dès lors la complexité d'insérer dans l'action cet échantillon de spleen portant sur la fugue de Shinji, nette coupure dans l'intrigue principale, sans recours possible au format épisodique. Tempérer la narration hachée symptomatique des films-résumés, qui plus est sur un timing aussi serré, ne pouvait donc être accompli qu'en repensant complètement le contenu de l'Episode 04 - l'autre raison du remodelage pouvant être la réticence d'Anno à laisser en l'état l'unique épisode de la série dont il n'ait pas co-signé le script.  Eu égard à ces marges de manoeuvre infimes, il n'est pas exagéré de dire que le staff s'en sort fièrement, parvenant à instiller une fluidité imparfaite mais honnête dans une file de wagons à ce point contrastés. Nombreux sont les films aux prétentions voisines, telle la récente trilogie Mobile Suit Zêta Gundam, à avoir démontré qu'ils en étaient incapables - à sa décharge, je dirais qu'elle compte le double d'épisodes.

Plutôt bien négocié, avec des raccords semble-t-il médités, le condensé de cette histoire relève néanmoins de l'anecdote en comparaison du traitement princier réservé à l'Episode 06. Celui-là, on s'en souvient, était articulé autour de la mise en oeuvre d'un tir longue portée de l'Eva-01 contre l'Ange, sorte d'inscription de l'Ideon Gun de Space Runaway Ideon dans un format indéniablement plus real et détaillé. Malheureusement, le segment s'était singularisé par ses graphismes assez pauvres, parfois difformes, inaptes à transposer à l'écran le sentiment d'urgence du scenario. Notre cher Anno, auquel ce duel à distance, sans doute le moment le plus otaku jamais dispensé dans NGE, tenait particulièrement à coeur, s'était donc naturellement montré insatisfait vis-à-vis du résultat. Dans ces conditions, il n'est guère étonnant que Eva : 1.0 culmine et trouve sa raison d'être dans la revanche du dit segment : entièrement reconstruit - le terme "Rebuild" se justifie pleinement - l'Episode 06 devient ici épique, puissant, bouleversant, entre kyrielle d'autres épithètes du même calibre. Une demi-heure d'apocalypse, d'émotions contradictoires, de trip techno-babble et un enchainement de plans militaro-industriels sans concession que l'on croyait ne jamais voir passer la frontière du grand écran se mêlent en une même apothéose sismique. Comme l'admettent Khara et Gainax, c'est cette dernière partie, augmentée au point d'accaparer le tiers du film, qui représente la vraie force du long-métrage et plus encore, son étendard.

Pour leur part, les Episodes 01, 02, 03 et 05 revus pour le cinéma suivent sans discontinuer la route balisée de leurs prédécesseurs. Ils proposent bien un zest de fraicheur - une grappe de scènes et plans refondus par ci, quelques dialogues retouchés par là - mais rien qui ne change sensiblement la donne. Autant dire que l'allusion faite par Kozo au "scenario" d'il y a quatorze ans revêt un double-sens évocateur. Dans ce registre tamponné du sceau de la prudence, on est pourtant ravis de constater qu'aucune séquence modifiée ou ajoutée ne souffre de la mise en parallèle avec l'original. Tout ce qui change a systématiquement changé pour le mieux, alors même que les modifications sont souvent le fait de ces 90 minutes castratrices. Par exemple, on se remémorera longtemps la mouture Eva : 1.0 du calvaire vécu par Shinji lors du premier "contact" entre l'Eva-01 et Ramiel  : surenchère sadique et spectaculaire en surface, cet instant d'horreur à couper le souffle sert aussi et surtout à légitimer la rébellion consécutive du pilote, absente de la version cathodique, et ce en un minimum de temps. Même son de cloche pour ce moment d'intimité feutrée partagé par Misato et Ritsuko dans un bar, à la fois économe sur la durée et malgré tout riche en sous-entendus sur les personnages, encore une scène bien troussée qui fait écho à cette littérature féminine qu'Anno dit consommer avec la plus grande ferveur.

Brandie par quelques spectateurs mécontents, et qui ont le droit de l'être, la thèse selon laquelle Anno reproduirait avec Evangelion ce que George Lucas a commis de mesurettes inutiles sur Star Wars premier du nom éclate, pète, implose donc en mille morceaux, confrontée puis subordonnée à des changements qui, bien que limités quantitativement, s'avèrent souvent d'une grande pertinence cinématographique. Assurément, Eva : 1.0 est plus que la somme des six épisodes qu'il s'approprie.
















Moins de biais pour plus de données


D'entrée de jeu et comme pour fâcher les puristes, le producteur Toshimichi Ohtsuki avait promis que Rebuild Of Evangelion serait une révision allégée et plus comestible de la série, qui renoncerait à perdre le spectateur dans le dédale de déclarations allusives et d'informations lacunaires de l'original. Dans les faits, ce premier film ne s'expurge que d'éléments très localisés, ceux ayant trait à la manipulation en amont des informations, en opérant un certain nombre de raccourcis qui facilitent la lisibilité des enjeux : la nuance entre Comité et Seele est mise au placard, le mensonge du météore ayant frappé le Pôle Sud n'a plus droit de cité et la distinction entre Adam et Lilith semble cette fois assumée sans ambiguïté. Plutôt que de gaspiller de précieuses minutes à démêler des noeuds somme toute accessoires, Anno préfère donc s'en tenir à dire la vérité sans dégradé, rien que la vérité, pour pouvoir se concentrer sur la progression dramatique en elle-même. En conséquence, les zones d'incompréhension ne sont plus le produit des tromperies délibérées ou de l'incertitude des scénaristes, mais circonscrites à ce que l'on refuse pour l'instant de nous raconter. Autrefois surnommé data-series par les fans nippons, en référence à la profusion de données contenues jusque dans certains plans subliminaux, l'anime se montre ici un peu plus frontal, délaissant la périphérie au profit des personnages, sans pour autant donner l'impression d'avoir perdu de sa substance.

Que les mordus de la série se rassurent en effet, même placée en queue de cortège, la richesse du petit monde Evangelion se ressent immanquablement derrière chaque assertion, derrière chaque nouvelle composante de design. Néanmoins, comme certains spectateurs l'ont notifié, le procédé de diminution des à côtés réduit le travail de contextualisation du film à sa plus simple expression, autrement dit induit une carence dans la présentation de l'univers, ce qui n'est pas sans créer une légère sensation de flottement qui déplaira à une partie du public - intentionnellement ou non, l'action n'est jamais datée et le Second Impact tout juste mentionné à deux reprises, sans réels approfondissements.

Pourtant, malgré le pronostic d'Ohtsuki qui se voulait accueillant et fédérateur, force est de constater que la quantité globale de données reste importante, et ce du fait que le film incorpore autant sinon plus de renseignements neufs qu'il n'en élimine par ailleurs. Il faut dire qu'à la base, les six premiers épisodes n'étaient déjà pas nécessairement les plus fournis de la série, et qu'à titre de comparaison, avec ses éléments remaniés précocement extraits des Episodes 14, 15 et 16, le film a de quoi faire valoir une densité supérieure, juste délivrée différemment, sans trop de détours. Ces nouvelles informations inclues dans Eva : 1.0, comprendre celles qui ne figuraient pas sous cette forme dans la version télévisée, sont de deux ordres distincts : tout d'abord, celles qui accompagnent logiquement des changements scénaristiques profonds. La dernière scène, épicentre de tous les débats qui renoue avec le concept d'information visuelle si caractéristique de la série, en est l'illustration idéale et conditionnera forcément le script des deux séquelles à paraître. Deuxième type de données, celles qui annoncent par avance les évènements à venir dans le prochain opus - au détour de dialogues sont par exemples évoqués l'arrivée d'Asuka, la liaison passée de Misato et Kaji et l'aboutissement imminent du Projet Dummy Plug. Evidemment, elles ont pour objectif de fabriquer, de façon superficielle mais plus honorable que nuisible, un semblant de lien et de continuité entre les films, afin de paraître un peu plus qu'un charcutage irréfléchi du corpus NGE aux yeux des réfractaires.

Finalement, c'est à la définition d'un cadre clair et, plus anecdotiquement, au jeu de masques d'antan, que renonce la relecture Eva : 1.0. Qu'à cela ne tienne, il est bien d'autres choses à se mettre sous la dent.
















"L'angle de vue, la position. S'ils bougent même subrepticement, les choses dans ton esprit changeront complètement."


Paradoxalement, la meilleure surprise délivrée par Eva : 1.0 est peut-être qu'il revient sans aucun complexe à des perspectives relativement simples et classiques, très éloignées de la verve intellectuelle, hallucinogène et expérimentale de TEOE, réalisé dix ans plus tôt dans une atmosphère de tension harassante. Alors qu'une majorité de fans occidentaux tombés tôt dans le piège infernal - "Evangelion n'est pas un anime de robot, c'est de la psychologie gnagnagnignagna" - s'attendaient à une extrapolation des figures de style saillantes de la série - spécialement des longues psychanalyses digressives - le film leur répond par un doigt en se recroquevillant au contraire sur sa plus-value otaku, sans même un regard. Le crew neo-Gainax reste cette bande de fans élevés à Combattler V pour lesquels seul le public dur compte véritablement dans la balance, et que s'y greffent les autres par la suite s'ils le veulent. Bien sûr, les moments introspectifs et autres totems auteurisants et surdiscutés d'Evangelion sont présents dans le film, plus que dans les six premiers épisodes de la série à vrai dire, mais ils ne sont pas du tout l'attraction principale. Et pour cause, les archétypes et gimmicks introduits par l'anime sont aujourd'hui si galvaudés dans l'animation japonaise - ou plus exactement prostitués sans discernement - qu'en faire la principale substance de Rebuild Of Evangelion serait tout sauf un bon moyen de démarquer les films du climat ambiant. Résultat, Eva : 1.0, bien que possédant de forts aspects intimistes en accord avec le style de la série, étonne par sa résonnance traditionnelle et son insertion assumée de ficelles conventionnelles du robot anime. En effet, sur le fond, le film ne raconte "rien d'autre" que la détresse émotionnelle vécue par un jeune garçon à qui l'on annonce qu'il va devoir sauver l'humanité - et pour ce faire, le Japon bien sûr. Convaincu d'être l'unique personne à souffrir de la situation périlleuse dans laquelle est plongée le genre humain, Shinji revoit sa position après avoir, preuve à l'appui, partiellement accepté l'idée qui cimente le second acte du film : "Tu n'es pas seul". Dès lors, l'adolescent récalcitrant va réussir à puiser du courage dans son désir naissant de protéger ceux qui l'entourent. Le dernier tiers du récit, dévolu à l'Opération Yashima, insiste beaucoup sur cette dimension. L'offensive, alimentée, autorisée, rendue possible par l'énergie électrique d'un archipel uni contre l'ennemi, renoue clairement avec les sous-jacences patriotes de la SF animée des années 70 : des milliers de braves japonais s'allient dans le camboui, s'activent autour du canon à positrons de l'Eva-01 pour empêcher l'apocalypse à la force du poignet. Très affranchi des Episodes 25 et 26 ou de TEOE auxquels on a trop souvent réduit NGE pour mieux dissocier l'anime de ses racines culturelles, Eva : 1.0 se présente plutôt comme un ultra-syncrétisme otaku aux allures de Space Battleship Yamato des temps modernes, concrétisant pour de bon un fantasme d'Anno qui l'habite depuis 1974, celui de réaliser un anime dans lequel la revanche du Japon s'exécute non pas au nom de velléités belliqueuses, mais par le truchement d'une puissance militaire à la fois absolue et, oxymoriquement, pacifiste.

Les personnages auraient pu être écrasés, apauvris, épurés de toutes leurs subtilités du fait d'une durée réduite et de la nécessité de faire avancer l'histoire au plus vite. Miraculeusement, il n'en est rien. Certes, Tôji et Kensuke sont à la limite de la transparence et font plutôt office de courroies scénaristiques que de vrais protagonistes, mais ils sont un peu l'exception d'un script et d'un remontage qui surprennent par leurs choix raisonnés et équilibrés. Chouchous d'Anno, Shinji et Misato sont les éléments moteurs du récit, au point même que leur binôme prend l'ascendant sur Rei durant les trois quarts du film. Magnifiquement étudié, le trio domine le film et a du mal à céder la place aux autres membres de la NERV. Le scepticisme aurait voulu que les autres personnages en pâtissent terriblement, mais là encore plus de peur que de mal : même reléguée à l'arrière, Ritsuko reste imperturbablement Ritsuko et sa personnalité d'une lisibilité totale. Bien que résolument taciturnes et peu friands de la caméra, Gendô et Kozo sont eux aussi intelligibles et situables, leurs brefs dialogues parvenant à retranscrire sans tergiversations leurs disparités d'éthique face à la menace. A l'exception des camarades de classe de Shinji - qui n'ont jamais été de toutes façons un modèle de caractérisation - le casting s'en sort donc outrageusement mieux que prévu. De plus, comme sur la série, le travail de construction des personnages passe également par la représentation de leurs gestuelles individuelles, autrement dit par l'animation elle-même, qui renseigne sur leurs personnalités respectives. Il suffit par exemple de regarder Misato et Ritsuko marcher côte à côte sur les chantiers de l'Opération Yashima pour tout deviner de ce qui les sépare sur le plan humain et professionnel, indépendamment de ce qu'elles peuvent bien dire ! On comprendra alors que l'on puisse après cela esquisser un sourire, à l'écoute de ceux qui estiment le film bâclé.

Sur les forums, le long-métrage est souvent jugé plus sombre que ne l'était initialement la série. On mentionne la souffrance physique décuplée de Shinji, les gerbes de sang exponentielles et la gravité inébranlable de la plupart des dialogues écrits pour cette mouture. Il est scrupuleusement exact qu'hormis la reprise telle quelle de la séquence d'intronisation de Pen-Pen - qui tranche tellement avec le reste qu'elle remporte haut la main le titre de la plus grosse erreur du montage - Eva : 1.0 se signale par une noirceur prononcée qui excède celle des six premiers épisodes. Mais la nuance que l'on pourrait immédiatement apposer à cette remarque, c'est que parallèlement à ces tons, le film se révèle aussi par certains aspects plus chaleureux, plus empathique et donc capable de formuler par les mots un soupçon d'espoir moins perceptible dans la source d'origine. Le rapport de Shinji et Misato en particulier connait une évolution conséquente qui compense l'âpreté générale du scenario, et aide ce dernier à se distinguer habilement des versions précédentes en matière d'écriture des personnages.

Au terme de l'opus, toutes les interrogations se tournent comme d'un seul homme vers Eva : 2.0, a priori programmé pour Juillet 2009 au Japon. A en croire le trailer qui suit le générique de fin, semblable à ceux de la série et qui réitère la promesse de "Plus de service !", le second volet devra reprendre en la parenthèse minimale d'une heure et trente minutes la trame copieuse des Episodes 08 à 19, y ajoutant en sus un nouveau personnage, Mari, et y intégrant dans la trame Kaworu avec deux nouvelles Evas sous le bras. D'où l'on est, au vu de l'ampleur invraisemblable du challenge, on a du mal à imaginer autre chose qu'une gamelle en bonne et dûe forme : Anno accomplira-t-il sans accrochages ce que la quasi-totalité des blogs considère comme relevant de l'impossible ?
















L'autre forme de technicité


Certains bougons l'ont justement rappelé, eu égard à la forte concurrence de 2007, l'animation de Eva : 1.0 n'apparait pas comme spécialement impressionnante. Pondérée, sans extravagances, elle ne s'exprime jamais de trop, ne se dilapide pas en mouvements subsidiaires et alterne constance et constance avec une rationnalité toute scientifique, malgré pas mal d'explosions destructrices et un Itano Circus sauce real flambant neuf. Il est vrai, à critère identique, qu'un film tel que Sword Of The Stranger, paru dans le même sillage temporel, se révèle nettement plus remarquable, fluide et virevoltant. Mais cette comparaison ne tient absolument pas compte des spécificités propres à la grammaire visuelle de Evangelion : en dehors des combats, qui mettent l'accent sur l'animalité imprévisible des Evas, la série s'est souvent fondée sur le contraste profond entre écrans fixes et gestuelles chargées, entre inertie et violence, silences et déflagrations, pour faire prévaloir le ressenti de ses personnages. L'identité Evangelion, cette forme alternative de technicité basée en premier lieu sur la mise en scène - cadrages décentrés, montage cut des plans - ne saurait donc être retranscrite dans un déferlement discontinu d'animation débridée, et il va de soi que Rebuild Of Evangelion n'a pas les mêmes objectifs que ses rivaux des salles obscures.

Chez nous pourtant, les informations erronnées circulent déjà comme aux plus grandes heures de TEOE, une malédiction qui rend nécessaire de préciser un fait très simple : l'animation de Eva : 1.0 est entièrement neuve. C'est mieux dit sans préambule. Le recours aux anciens storyboards a pu occulter cette évidence, mais il n'est pas un plan et donc un personnage, un décor, un quelconque élément du film qui n'ait été redessiné et recolorisé pour l'occasion, sans même aller jusqu'à parler de la photographie et des filtres. N'en déplaise aux déçus, on est donc loin de la remasterisation plus ou moins logicielle de Renewal Of Evangelion en 2003 ou de la compilation de E:D. Superbe dans l'ensemble, le rendu visuel du film est nimbé de touches bleutées et pourpres qui le parent d'une atmosphère nocturne assez séduisante - sauf dans l'édition DVD japonaise, à l'obscurité pénalisante. Les reflets sur les vitres, les ondulations de l'eau, une quantité non négligeable d'efforts supplémentaires ont été mis dans la restitution d'un univers crédible mais fermement opposé aux dérives du photoréalisme. Crédible voire même prosaique, puisque les sponsors de l'oeuvre, tel l'inénarrable Pizza Hut, viennent parfois s'inviter à l'écran pour honorer la pratique récente en animation du product placement - de façon bien plus discrète que l'ostensible Code Geass. La réalisation se permet également quelques clins d'oeil d'inspiration postmoderne : dans le dernier quart du film, Shinji est brièvement représenté en noir et blanc, une allusion à peine déguisée aux fameux crayonnés scandaleux de l'Episode 26, qui avaient valu à Anno le statut éphémère de pestiféré. Dans le même sac, on trouve aussi des arcs-en-ciel incongrus qui apparaissent au moment où les Anges trépassent, et que l'on ne peut s'empêcher de considérer comme étant les écussons de... Khara (Couleurs).

Le design, point fort de la franchise, a subi quelques modifications importantes, dans l'armement de la JSSDF, dans les paysages urbains de Tokyo-3, dans certaines zones du Central Dogma. Les logos de la NERV, de la Seele - qui arbore maintenant un signe ésotérique franc-maçon - ainsi que plusieurs ustensiles comme les cartes ID, les affaires domestiques ou même les sous-vêtements ont été réactualisés - passage obligé, les culottes blanches de Misato étant aujourd'hui dépassées selon Anno ! Des changements mineurs, certains corsés à débusquer, sont aussi intervenus sur les Evas, les Anges et les Plug-Suit des pilotes - sans compter les détails mammaires, bannis à la télévision mais réhabilités en salles. Bref, de quoi occuper les fans hardcore un petit moment. Principaux gagnants du relooking, les personnages profitent à 100% de la refonte du long-métrage, reproduits avec minutie dans des proportions toujours méticuleuses, à l'inverse de la série où des irrégularités dans les faciès parsemaient fréquemment certains épisodes. De manière intéressante, le film exacerbe par ailleurs le travail sur les ombres du visage : NGE en son temps avait été l'un des premiers anime à utiliser cette voie pour indiquer l'état d'esprit de ses protagonistes, au travers du placement précis des ombres sur la figure, allant parfois jusqu'à les déshumaniser en couvrant leur regard ou leur bouche - il y aurait des choses à dire sur le rôle de la série dans l'édification d'une "esthétique de la laideur" dans l'anime post-2000. Le film reprend ce tic graphique à son compte et l'accentue de temps à autres, ce qui procure des traits plus graves, plus adultes et moins lisses aux héros - à l'exception notable de Rei, qui pour pérenniser son aura historique est contrainte de rester cette poupée de porcelaine que l'on aime tant. Peut-être est-ce la conséquence de la prolifération abusive du courant moe dans l'anime contemporain, mais le chara-design de Sadamoto n'a décidément pas pris une ride : Eva : 1.0, plus que toute autre adaptation antérieure, lui rend véritablement justice.

Cela étant dit, la grande nouveauté graphique du long-métrage, celle qui symbolise la transition d'une ère à une autre, c'est évidemment son usage intensif de la 3D sur bon nombre d'éléments mécaniques, un parti pris très critiqué au sein du noyau dur intégriste et tokyoïte. Dans le bon vieil Old Century, le procédé balbutiant avait tout au plus servi à générer une série d'effets psychédéliques ou pyrotechniques et à revêtir quelques écrans de contrôle ici et là - la computique commençant à peine à se généraliser dans l'animation japonaise en 1997, la 3D ne faisait pas encore partie de ses applications prioritaires. Mais les évolutions de la décennie étant ce qu'elles sont, et Anno n'ayant jamais caché son désir d'explorer le potentiel des machines, ce sont cette fois les infrastructures de Tokyo-3, les véhicules, les armes et plus rarement les Evas qui se voient ainsi modélisés en trois dimensions puis incrustés avec plus ou moins de bonheur dans des décors plats. Après treize années à revoir en boucle la série de celluloïde qu'est NGE, forcément ça ne passe pas inaperçu. Pour aider au mariage des méthodes et créer les conditions de leurs interactions mutuelles, Khara a choisi comme la majorité des studios nippons d'affecter une légère texture cel-shading aux objets afin de les "réchauffer" un peu. L'astuce fonctionne de manière fluctuante, certaines scènes étant réhaussées par la 3D - l'éjection de l'Entry-Plug de l'Eva-00 - et d'autres plus discutables - le transport ferroviaire de l'Eva-01. En définitive, même si l'on aurait préféré sur ce point qu'Anno ne cède pas aux sirènes de la facilité, Eva : 1.0 n'est ni transcendé, ni défiguré, ni même métamorphosé par son réservoir d'images de synthèse : ces dernières ne monopolisent pas l'écran. Elles renvoient l'idée d'une inscription dans l'époque, remplissent globalement leur rôle de soutien et satisferont sans doute pleinement celles et ceux qui ne connaissaient pas ou peu la série... et qui n'ont donc jamais eu l'opportunité d'en faire leur fétiche. 

Autre composante influente, les bruitages ont toujours eu un rôle de choix dans NGE - il était possible de reconnaitre la série à sa seule ambiance sonore. Les éternels grillons, les Evas hurlantes, le son caverneux de l'Entry-Plug, les poulies d'immeubles en construction sont toujours présents quand il faut, là où il faut, et certaines mélopées s'apprêtent à les rejoindre dans la postérité : le chant mystique de Sachiel ou l'accélérateur cinétique de Ramiel valent leur pesant de cacahuètes. En termes de bande-son musicale en revanche, on serait tenté de dire que l'on a laissé le fleuve couler sans trop faire de vagues. Compositeur de l'ensemble de la saga, Shiro Sagisu revient derrière sa console pour nous proposer une majorité de titres, certes réussis, mais plus ou moins recyclés, parfois réarrangés à des degrés cosmétiques. Le spectateur aura tout intérêt à vénérer nuit et jour "Decisive Battle", qui revient une demi-dizaine de fois à intervalles rapprochés, dans des versions qui plus est assez similaires - c'est mon cas mais bon, faisons comme si. Calculatrice dans une main, soundtrack du film dans l'autre, on note seulement trois nouvelles compositions pures et dures dans le lot, dont le magnifique, messianique et captivant "Angel Of Doom", qui accompagne à propos le dernier mouvement de l'ultime confrontation. Reste à savoir si cette bande-son minimaliste, en adéquation irréprochable avec le film mais en soi un peu mitigée, répond à la même politique que le film lui-même, c'est-à-dire démarrer en terrain connu pour peu à peu réclamer son indépendance. Quoiqu'il en soit, pour le générique de fin, Anno se paye le luxe d'une chanson de la popstar millionnaire Hikaru Utada, baptisée "Beautiful World" et qui tout aussi aseptisée qu'elle soit, n'est ni désagréable, ni franchement déplacée... les paroles évoquant, comme par hasard, un jeune garçon mangaphile aux démêlés relationnels compliqués.

Plutôt que d'animation stricto sensu, il faut donc parler d'esthétique globale lorsque l'on évoque Eva : 1.0. Sans débordements excessifs, au regret de ne pas verser dans le frénétique, l'écrin technique fait preuve d'une cohérence soutenue qui hisse le long-métrage à un niveau d'immersion exemplaire pour un anime de science-fiction.
















"C'est l'une des conclusions possibles."


Pour l'inconditionnel que je suis, la question de savoir si Evangelion : 1.0 You Are (Not) Alone vaut le prix d'un ticket de cinéma est insultante en soi. Evènement parmi les évènements, sa parution en France, même bornée par la frilosité environnante, marque une progression sans précédent dans l'histoire de l'anime nippon dans l'hexagone : en plus de ses qualités intrinsèques, c'est littéralement le premier anime otaku à s'inviter sur grand écran chez nous, à distance contrôlée des Miyazaki, Oshii, Aramaki, Kon et consorts. Ergoter davantage n'aurait pas beaucoup de sens au final, puisque les fans qui ne l'ont pas déjà fait iront assurément voir la bête, s'ils en ont la possibilité, en croisant les doigts pour que la VF ne massacre pas le film comme elle plomba naguère la série - et soit correctement traduite cette fois, tant qu'on y est. Et inévitablement, car telle est la destinée prévisible du long-métrage, certains ressortiront convaincus et dévoués comme au premier jour, et d'autres enragés par une démarche qui, il est vrai, n'est pas toujours aisée à comprendre ou soutenir sans les explications qui vont autour.
Pour ma part, disciple endoctriné ayant plus d'une centaine de visionnages de Eva : 1.0 au compteur, je récapitulerais l'affaire en six mots succints, un pour chaque épisode couvert : Anno a encore réussi son coup. Presque quatorze ans après, la fascination pour Evangelion a encore de beaux jours devant elle.

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Xenonmax 17/07/2010 19:11


Après lecture, je m'arrête sur la fin de l'article concernant les voix française du 1.0, qui sont pour moi horrible, j'ai été choqué des 10 premières minutes (la vulgarité de Gendo). Mais aussi de
la traduction et surtout de la voix de Misato et de Ritsuko. Je préfère largement l'écouter en VO !!!


Kinkette 16/03/2009 14:29

Un petit message pour te remercier de tout le travail que tu fais dans ce blog. Cela fait 10ans que je connais la série maintenant, et je ne me lasse pas de m'extasier devant l'anime qui m'a introduit dans l'univers de la japanime. A l'époque, il était assez difficile de trouver des informations qui auraient pu éclaircir certains points. Aujourd'hui je me replonge avec bonheur dans les méandres des théories otakuiennes qui prolifèrent sur le net, mais j'avoue avoir une préférence pour ton site, clair et concis.
Merci donc pour toutes les précisions que tu fais sur le film et sa fabrication, les choses sont plus limpides :)

Amrith Zêta 17/03/2009 17:44



Associer ce rudimentaire blog précodé à un "site" est lui faire bien trop d'honneur :)
Mais merci pour ton plaisant commentaire.



Aer 09/02/2009 21:45

Impressionnant.

J'avais lu la review rapide de darksoul sur meido-rando (le blog d'AxelTerizaki), mais la c'est clair que tout est passé au crible.

Vivement les sorties cinéma RARGH !

Valmy 06/02/2009 18:14

Mea culpa.
J'ai écris mon commentaire quelques heures après avoir lu ton article, je ne me souvenais plus qu'on en disait, en substance, la même chose.

Ça me parait plutôt logique que cette OST ne fonctionne pas aussi bien que la première, l'attrait de la nouveauté a quand même disparu. Même si ces films provoquent un énorme engouement, il est improbable qu'ils soient au final un choc aussi grand que le fut la série en son temps. Il en va de même pour la musique... mais seulement une OST est actuellement sortie, on peut supposer trouver du sang neuf dans les prochaines compositions pour les films restants.

Qui plus est, j'hésitais à en parler mais à l'époque de la sortie de la toute première OST ou en était le piratage informatique?
Combien de gens ont téléchargé la bande-son ce qui fait d'autant moins de CD achetés aujourd'hui...? Cela joue certainement pour les classements de ventes.

Amrith Zêta 06/02/2009 19:08



Qui plus est, j'hésitais à en parler mais à l'époque de la sortie de la toute première OST où en était le piratage informatique ? Combien de gens ont téléchargé la bande-son ce qui fait
d'autant moins de CD achetés aujourd'hui...? Cela joue certainement pour les classements de ventes.

Cela joue certainement, c'est vrai, mais à des doses non-déterminantes.
S'ils veulent un goodies, les otakus nippons ne téléchargent pas, ils achètent.

Sinon, je ne me suis pas bien exprimé. Je ne dis pas que l'OST de Eva : 1.0 ne s'est pas bien vendue, il semblerait même qu'elle ait bien marché. En fait, le nombre de ventes
m'importe moyennement, ce qui m'intéresse c'est l'influence, l'effet généré par le produit - dont les ventes ne sont qu'un indice. Historiquement, l'OST de NGE est le
troisième soundtrack d'anime à avoir atteint le N°1 des ventes selon Oricon, donc elle a réellement défriché quelque chose et bougé les lignes du marché. C'est à ce titre une pièce importante,
que n'est manifestement pas cette OST-ci prise isolément.

Même si les prochains volets, en particulier le dernier, pourront peut-être me faire mentir.
On l'espère tous les deux.



Valmy 06/02/2009 11:11

Difficile de ne pas être enthousiaste à la lecture de ta review. Evangelion a cette particularité pour moi (comme chez beaucoup sans doute) de ne pouvoir être abordé pleinement par le biais de l'objectivité.

En dehors de tout ce que tu as évoqué auquel j'adhère, je reviendrais surtout sur la musique.
C'est loin d'être une simple refonte de ce que Shiro Sagisu a fait il y a plus de dix ans. Elle acquiert dans la répétition son sens le plus fort et le plus tenace. Comme le font les minimalistes, Sagisu c'est bien aperçu qu'il n'est pas besoin de se lancer dans des harmoniques complexes, des longues séries d'accords entremêlés pour pouvoir créer le morceau frappant. Le retour à la seule et unique note en elle-même dont l'on peut tenir le son "à l'infini" en est la marque. Note qui sonne distincte et qui n'est pas perdue, noyée pour ainsi dire dans l'accord.
J'en prends pour exemple les EM09_Piano_D et Piano_D_Full (recyclages d'Hedgehog's Dilemma) qui apparaissent bien plus cristallins que les originaux de par leur lenteur. On les verrait très bien accompagner Rei.

Par contre on peut cracher sur la nouvelle version de Fly me to the Moon je pense, hihi.

Amrith Zêta 06/02/2009 15:00



Yo.
Aucune oeuvre ne peut être pleinement abordée par le biais de l'objectivité.
Et concernant NGE, on exagère tout le temps a contrario sa part de subjectivité.

C'est une bande-son adaptée au film, donc tu as raison sur un plan fonctionnel elle est réussie.
C'est prise indépendamment qu'elle ne possède pas la moitié de l'efficacité de celles qui l'ont précédée, et qui ont été parmi les premières en leur temps à inscrire des OST d'anime dans les
classements généraux de ventes de disques. C'est clairement pas la même dynamique.