Les Séries Anime De Juillet

Publié le par Amrith Zêta

Ponctualité nipponne oblige, les nouvelles séries de Juillet ont débuté, et si la variété est une nouvelle fois au rendez-vous, on remarque toutefois une nette recrudescence des anime purement typés service dans la cargaison estivale. Une bénédiction tant pour les pervers visqueux que pour ceux qui, harassés par les improbables quantités ingurgitées hebdomadairement, en profiteront galamment pour ne pas s'éterniser des mois sur ces produits libido-palliatifs, au propos quelque peu "oublié" dans la formule générale. C'est dans cette même optique que j'éviterai d'évoquer ces créatures aux forts relents onanistes, au demeurant pas nullissimes mais tellement faciles, parmi lesquelles Sekirei, l'inénarrable mecha-musume show Strike Witches ou les ballons dirigeables mammaires de Nogizaka Haruka No Himitsu. Autant d'anime dont les rares éléments intéressants - comprendre le *** - seront de toutes manières illico placardés via captures minutieuses sur une brochette de forums altruistes : même pas besoin de les suivre assidûment pour en profiter. D'ailleurs, finissez d'abord To Love-ru avant de courir dans les couloirs.

Non, moi ce que je veux, c'est dire deux mots à propos des anime de Juillet auxquels je crois.

D'emblée, j'admets volontiers que mon flair n'est pas infaillible, loin de là. J'avais placé une grande confiance en Macross Frontier, au vu de trois premiers segments relativement somptueux ; résultat, douze épisodes plus tard, l'anime est un échec cinglant, écartelé entre son scenario indigent, son chara-design affreux et son animation laborieuse digne d'un kodomo anime pakistanais. J'avais couvert Allison & Lilia d'un carnaval d'épithètes élogieux, mais la série à mi-parcours n'est toujours pas parvenue à surmonter son identité de petit conte attachant à l'ampleur limitée. A contrario, je n'attendais rien de The Daughter Of Twenty Faces, qui est actuellement selon moi l'anime le plus abouti de la vague initiée en Avril, et l'un des plus singuliers. Tout ça pour dire qu'effectivement, mes pronostics sont parmi les plus foireux que l'on puisse concevoir. Et pourtant, je récidive dans l'erreur avec un Top 5 egotiquement intitulé "Les Anime De Juillet Qui Ont Leur Chance De Me Plaire"...

5) Mugen No Jûnin / L'Habitant De L'Infini 
En dépit de mes profondes réticences, j'ai bien dû admettre que les premiers épisodes de L'Habitant De l'Infini s'en sortaient bien. Le scenario fait preuve pour l'instant d'une fidélité manifeste envers la cultissime oeuvre originale, retranscrivant efficacement l'esprit torturé et coupable de Manji, le rônin immortel - il sera forcément allégé par la suite étant donnée la courte durée de la série. Le graphisme quant à lui, grande interrogation qui taraudait les lecteurs du manga dès l'annonce de la mise en chantier de l'anime, abandonne le trait sauvage, crayonné et agressif de la version imprimée, difficilement reproduisible, pour un rendu plus coloré et viable qui n'est pas nécessairement hors-sujet. Malgré tout, il serait présomptueux de vouloir s'exprimer trop vite sur l'avenir de cette série signée Bee Train, tant le studio nous a acclimatés aux déceptions les plus diverses - Tsubasa Chronicle II, .hack//SIGN.

























4) Natsume Yuujinchou / Le Pacte Des Yokai

L'adaptation du shojo manga du même nom, succès de librairie avéré jusqu'en France. L'anime est produit par Brains Base, qui depuis quelques années franchit une à une les étapes qui mènent du statut de petit studio à celui de véritable compétiteur - on se souvient notamment de la plastique irréprochable de Kamichu ! en 2005. Ici le budget semble-t-il restreint ne permet pas d'honorer les précédents standards techniques de la maison, lacune qui se révèle en définitive secondaire lorsque l'on sait que l'anime est avant tout une fable, ou plutôt, une succession de fables reposant d'abord sur la morale du récit. D'épisodes en épisodes, le jeune lycéen Natsume essaie de libérer les démons que sa grand-mère espiègle a asservis naguère en scellant leur allégeance dans le Livre Des Amis : autant d'occasions de décliner une galerie de destins tragi-comiques susceptibles d'émouvoir les plus fleurs bleues d'entre nous. Dispensable de par sa nature-même de programme paisible étranger au suspense, pas franchement impressionnante, la série se montre en contrepartie modérément attachante et pourra éventuellement satisfaire les aficionados du genre yokai, dont je ne fais pas vraiment partie.



















3) Slayers Revolution
Un retour plus plaisant que celui frontalier de Zero No Tsukaima. Non pas la deuxième, non pas la troisième, mais bien la qua-tri-ème. Slayers Revolution est la quatrième série consacrée aux aventures déjantées de Lina Inverse, sorcière cupide, destructrice et pauvrement pourvue en tour de poitrine. L'anime vient enrichir une saga télévisée déjà bien copieuse, à laquelle il faut ajouter pas moins de cinq films et deux OVAs. Habitués du monde heroïc-fantasy insensément décalé qui caractérise l'anime, les membres de JC Staff ont repris les manettes et le moins que l'on puisse dire c'est que la réalisation paraît old-school ; au point qu'il est même parfois compliqué de faire la distinction entre la nouvelle série et ses aînées - la plus récente a pourtant onze ans. Au total 26 épisodes sont prévus, truffés de combats et de gags lourdingues où Gourry Gabriev le chevalier benêt joue encore un rôle de premier plan. Condition sine qua non au consentement du public, on retrouve au cast les mêmes seiyuu qu'à l'origine parmi lesquels, bien évidemment, Megumi Hayashibara, dont l'héroïne de Slayers demeure encore aujourd'hui, aux côtés de Rei Ayanami de Neon Genesis Evangelion, le rôle de sa vie. On pourra toutefois tempérer nos ardeurs otaku vis-à-vis de l'anime eu égard à la sérieuse stagnation, et non la révolution qu'annonce son titre, qu'il semble privilégier : pour être honnête un instant, seuls les fanboyz y trouveront un réel intérêt.













2) Mahô Tsukai Ni Taisetsu Na Koto
L'anime suit l'apprentissage méticuleux de Sora, une jeune fille qui a quitté sa campagne natale pour devenir une magicienne accomplie à Tokyo. Un air de déjà vu peut-être ? Certainement et pour cause, la série est un spin-off déclaré de Someday's Dreamer, que l'on ne présente plus et qui a connu son petit succès en France. Elle s'inscrit donc sans la moindre hésitation dans la même veine doucereuse, voire bucolique, articulant les thématiques les plus gentillettes pour appuyer l'idée de conte du quotidien, une constante irrépressible de la franchise qui avait jadis enchanté les uns au détriment des autres, écoeurés par tant de naïveté. L'animation, au gabarit modeste, est réalisée par Hal Film Maker, un petit studio que l'on associe souvent exclusivement à Saber Marionette J, oubliant au passage quelques séries un peu plus réjouissantes de leur catalogue - Princess Tutu dont l'intitulé est un repoussoir, le sanguinolent Dokuro-chan ou la production franco-nipponne Ôban Star-Racers pour ne pas les nommer. Moins convenue, la singularité esthétique majeure du programme tiendrait plutôt au fait que les décors ne sont pas dessinés à la main comme l'exige la norme, mais bel et bien photographiés in situ avant d'être retouchés sur Photoshop ou assimilé : le résultat, sympathique au premier abord, manque un peu d'âme et pourrait lasser à la longue. La lenteur relative de l'intrigue, qui parie sur son caractère tranquille, ne plaira pas non plus à tout le monde mais force est de constater que la série possède son atmosphère et son identité bien à elle.

























1) Birdy The Mighty : Decode
De loin l'anime le plus prometteur et séduisant de l'été. Il ne s'agit pas d'une suite aux OVAs éponymes de 1996, mais d'un retelling assez différent, adapté de la dernière mouture du manga de Masami Yuuki - entre autres choses, co-créateur en 1988 du robot anime le plus sous-estimé de tous les temps en Occident, j'ai nommé l'inoubliable Mobile Police Patlabor que chaque anime-fan se doit de (re)découvrir d'urgence. Pour en revenir à notre série, la nouvelle Birdy The Mighty : Decode conserve peu ou prou l'essentiel du concept de l'oeuvre originale : il s'agit toujours de narrer les péripéties cocasses d'une policière extraterrestre ultra-sexy qui, suite à un regrettable accident, doit temporairement "partager" son corps avec un lycéen un peu mollasson pas franchement partant pour latter de l'alien belliqueux. Outre un aspect comédie fortement marqué - quoique moins que dans les OVAs - l'anime est assez riche en action, laquelle prend souvent la forme de chorégraphies musclées à l'image des bons vieux henshin dont l'histoire s'inspire ouvertement, avec une affection particulière pour le légendaire Ultraman de 1966. Sans être renversante compte tenu des 13 brefs épisodes qui formeront la série, l'animation de A-1 Pictures reste néanmoins dynamique - l'équipe provient en partie du projet Noein après tout - et le programme propose une utilisation plutôt convaincante des CG - plusieurs séquences remarquables de course-poursuites urbaines sont là pour l'illustrer. Au final, on se retrouve donc avec un vrai petit anime comme on les aime, à la fois vintage dans ses concepts et attractif pour la frange otaku actuelle, celle-là même qui pourra y réviser certains fondamentaux de sa culture d'appartenance.
























Tous ces avis raisonnablement positifs sont amenés à changer du jour au lendemain, car ils ne s'appuient que sur les premiers épisodes. Concernant la série qui talonne le classement, il s'agit de Yakushiji Ryôko No Kaiki Jikenbo de Dogakobo, dont les allures d'enquête policière et les personnages trentenaires sont trop rares pour être snobés. Le prix du plus gros pétard mouillé revient quant à lui à World Destruction de Production IG, ex-aequo avec Telepathy Shojo Ran - mal - animé par TMS. Je laisse bien évidemment une place au chaud pour Ultraviolet : Code 044, dernière série en date du génial Osamu Dezaki chez Madhouse et que je n'ai pas pu découvrir pour le moment, ainsi que pour la nouvelle création entièrement 3D de TMS, Scarecrow, qui à tout hasard n'a aucun rapport avec Batman. Si quelqu'un a eu des échos, nous sommes tout ouïe merci.

Enfin très brièvement, voici les anime de la prolifique vague d'Avril qui auront finalement eu ma préférence. Oui, les Top 10 sont si rebattus à tous les coins du net que j'opte présentement pour un Top 8. Certaines séries sont encore en cours de diffusion au Japon, aussi le classement n'est-il pas irrévocable :

8) Golgo 13 TV
7) Kurenai

6) Itazura Na Kiss
5) Allison & Lillia
SPECIAL OUT RANK > Chi's Sweet Home
4) Code Geass R2
3) Kaiba
2) Soul Eater
1) The Daughter Of Twenty Faces

Publié dans Anime X-Tra

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