Anime : La Vague D'Avril 2008

Publié le par Amrith Zêta

Etrangement, l'anime TV traverse une bonne passe ces temps-ci.
Certains nostalgiques accrochés à leur dogme prétendent l'inverse. La plupart du temps, c'est qu'ils ne suivent tout simplement plus rien des fluctuations de l'industrie depuis dix à quinze ans. Ils n'ont plus le temps, plus l'envie, ont quitté la poche démographique où pérenniser une telle passion paraît moins marginal. Dans ces conditions, il est naturellement aisé de proclamer "L'anime post-2000 n'a pas d'intérêt" en méconnaissance de cause intentionnellement cultivée. Mais en dépit de leurs remarques respectables, le fait est que rien n'est plus faux aujourd'hui. Pour avoir, parallèlement à mon attrait pour l'anime, suivi avec une assiduité relative la plupart des grandes séries live américaines des années 90', je peux dire sans sourciller que la situation décrite par les déclinistes de l'anime correspond davantage à l'univers morose dans lequel s'est embourbée la fiction TV live outre-Atlantique depuis 2005... qui paradoxalement n'a jamais connu pareil succès mondial. L'anime nippon lui, moins hype mais toujours plus productif, va plutôt bien, merci pour lui. Il n'est pas en train de se suicider à grands coups de hight-concepts impossibles à exploiter, ou par le biais de networks qui recyclent à tours de bras. Au même titre que la fiction anglaise semble-t-il redynamisée, il file droit et a toujours un imprévu dans son sac, la petite touche supplémentaire qui mérite de faire parler d'elle.
Je me souviens donc d'une année 2007 riche en séries de grande qualité, intervenant après un millésime 2006 qui, à l'opposé, était plutôt inodore. C'est un avis personnel bien sûr, mais pas uniquement : nombre d'anime-fans reconnaissent que l'année japonaise 2007 fut anormalement bien pourvue en pépites conçues pour le petit écran. Nous voici en 2008, comme d'accoutumée le line-up d'avril est l'un des plus fournis de l'année, et que peut-on d'ores et déjà en dire ? Et bien que 2008 promet, avec nombre de choses intéressantes, dont je n'évoque ici qu'une sélection choisie - gardons toutefois à l'esprit que les séries débutent à peine.


KAIBA (A+)
[SF - Fable - Expérimentation]




Un monde de colonies spatiales où la mémoire humaine est une marchandise que l'on achète, que l'on sauvegarde, que l'on falsifie, où les souvenirs sont une monnaie d'échange comme les autres. Ce système a tourné au chaos depuis que plus personne n'y est certain de son identité. Le dénommé Kaiba se réveille amnésique dans un dédale en perdition, et le seul indice dont il dispose concernant son passé est un pendentif contenant la photo d'une jeune femme qu'il a oubliée, Neiro. Il part à sa recherche en errant de planètes en planètes...

La nouvelle série de l'expérimental Masaaki Yuasa, produite par Madhouse.
Si vous aviez aimé Kemonozume du même créateur, autant le dire sec, Kaiba au vu du premier épisode s'annonce huit à dix fois meilleur. Bien sûr le chara-design façon Osamu Tezuka bourré à la vodka et le dessin intentionnellement puéril auxquels s'adonne la série vont rebuter certains anime-fans, mais rarement on a vu autant d'idées graphiques et de trouvailles oniriques à la minute, c'est un véritable ballet psychique, une invitation à une plongée synaptique dans le cerveau du déjanté Masaaki Yuasa, et pour faire court, c'est une denrée pour l'intellect. Dans ce cadre, le scenario aurait pu n'être qu'un faire-valoir inutile, immolé sur l'autel de la masturbation auteurisante si prisée des festivals. Bien au contraire loin d'être accessoire, il est déjà mis en branle au terme du premier opus, avec quantité d'interrogations, de mystères et d'enjeux dans la balance. Que ce soit sur la forme ou le fond, la série a vraisemblablement un propos. On ajoute au tout une pincée d'humour bizarroïde, de musique doucereuse et intriguante, pas mal de créatures difformes, et on obtient un premier épisode tout simplement magistral. Si l'anime OVNI qu'est Kaiba devait poursuivre dans cette voie avec la constance qui fait défaut à tant de productions, à l'inverse donc de Kemonozume qui s'était un peu perdu en route, ce pourrait être l'un des incontournables de 2008.

Premier épisode : 9/10 du grand art.


SOUL EATER (A)
[Combat - Humour - Drama]




Maka Alban, Black Star et Death the Kidd sont trois étudiants de l'école des Shinigami de Shibusen. Ils y apprennent à faire évoluer leur arme vivante pour en faire de véritables Death Scythe, des faucheuses. Pour y parvenir, les étudiants doivent collecter au préalable quatre-vingt-dix-neuf âmes plus une de sorcière...

L'anime a commencé, c'est signé Bones et c'est situé quelquepart entre l'emballant et l'académique.
Est-ce que l'on tient le nouveau shonen success du studio après Fullmetal Alchemist est une question que l'on se réservera pour plus tard, reste que malgré beaucoup de clichés - et pas mal de fan-service pour un anime diffusé sur Tv Tokyo - les premiers épisodes sont attrayants, et surtout, vraiment charismatiques. Les combats sont somptueux, l'ambiance gothique urbaine à l'européenne est accouplée à une palette de couleurs qui évoque davantage les dessins-animés américains de Cartoon Network que l'anime ordinaire, bref l'identité visuelle du show démarque vraiment la série du lot... à tel point qu'on oublie vite que l'atmosphère générale n'est pas sans remémorer le bien moins virevoltant D. Gray Man. Le chara-design est intéressant même si un peu plus rangé que celui de l'oeuvre originale. Qu'on se le dise, on reste dans du convenu, mais techniquement ces deux premiers épisodes ont une sacrée classe. Moi en tout cas je suis prêt à essayer la suite. Et puis j'allais oublier la bande-son, très dynamique, une  techno-rock-rap émoustillante qui rappelle parfois Gurren Lagann et qui colle parfaitement à l'anime, du bon gros délire gras comme on aime. Soul Eater s'annonce tout simplement comme l'une des meilleures séries 2008.

Et je ne pensais pas dire ça un jour d'un shonen.


ALLISON & LILIA (A-)
[Aventure - Romance - Mystère]


 

Dans un univers parallèle où la technologie est indexée aux connaissances techniques des années 40, la Terre est divisée en deux pays-continents qui se livrent une guerre sans pitié depuis des décennies. Allison est une jeune pilote de l'air de dix-sept ans dont l'avion s'écrase accidentellement en terrain ennemi, de l'autre côté de l'immense fleuve qui sépare depuis toujours les deux contrées en conflit. Accompagnée par son ami d'enfance Vill, petit génie qui tout comme elle a la chance d'être bilingue, elle se lance à la recherche d'un trésor légendaire...

C'est le premier nouvel anime du line-up d'avril.
Madhouse est aux commandes de cette adaptation des romans éponymes de Keiichi Sigsawa, le créateur de Kino No Tabi. Et dans ces premiers épisodes c'est la même ambiance que l'on retrouve, une ruralité presque française, des vieillards et leurs souvenirs embrouillés, un rythme apaisé. Techniquement c'est quelconque, sans grands effets, mais cette simplicité se marie bien à ce qui semble être un anime d'aventures à l'ancienne comme on les guette depuis leur semi-disparition. Dès le commencement, on est curieux d'en savoir plus, à la fois sur la guerre en dormance entre les deux pays, et sur la façon dont évoluera la relation mignonne entre Allison et Vill. "Mignon" le mot est lâché, ce programme un peu pastel a quelque chose de naïf et d'enfantin. Et bien que je ne rechigne jamais à quelques panty shots ou à du Gainax bounce, c'est parfois très plaisant de tomber sur un premier épisode complètement dénué de fan-service à deux francs. C'est simple et sans artifices chimériques. Sans aucun doute, Allison & Lilia est encore un potentiel bon anime d'avril 2008 à surveiller. Et Madhouse de confirmer par la quantité et la variété de ses productions qu'il est devenu le studio majeur du moment.

Ca fleure bon les années tendres, comme pas mal d'anime diffusés sur NHK.


KURENAI (B-)
[Drama - Moe - Quotidien]



Shinkuro Kurenai, seize ans, est un spécialiste de la résolution de conflits entre les gens. Façon de dire qu'il retrousse souvent ses manches et que ses coups de poings sont coriaces. Un jour il se voit confier la protection d'une petite fille en danger, et accepte bon gré mal gré cette mission qui déroge à ses habitudes. Le voici qui découvre la cohabitation avec une enfant au caractère difficile, issue d'une noble lignée...

La dernière fois que nous quittions Brain's Base, le studio venait de conclure Baccano ! dans un murmure.
L'une des surprises plaisantes de 2007, une bonne petite série qui avait pour inconvénient d'être un peu difficile à suivre tant l'histoire était alambiquée et le nombre élevé de personnages simplement décourageant. Kurenai d'après la light-novel éponyme a peu de chances de faire bonne figure par chez nous comparé à son prédécesseur, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, les sous-entendus lolicon de l'anime, non frontaux mais pas non plus imaginaires, frisent le voyeurisme et embêteront quelques anime-fans locaux. Deuxièmement, après trois épisodes diffusés, il est toujours impossible de déterminer quel sera le fil conducteur de l'intrigue. Entre les missions musclées de Kurenai, sa relation avec la petite Murasaki, la composante fantastique semble-t-il sous-jacente, les plaies familiales en trame de fond et quelques affaires de romances lycéennes éculées, on fatigue un peu d'attendre le moment où la série optera pour une orientation claire et davantage balisée. L'animation étant correcte sans non plus casser trois pattes à un canard, on retiendra surtout le très beau chara-design de Kumi Ishii - Rozen Maiden - comme principal élément d'attraction.

A noter, l'un des génériques d'ouverture les plus laids jamais répertoriés par l'humanité.


MACROSS FRONTIER (A-)
[SF - Action - Romance]













En 2059, le voyage de la vingt-cinquième flotte d'émigration spatiale, le Macross Frontier, est mis en péril par l'attaque de créatures inconnues. Inconnues ? En tout cas pas des autorités qui comptaient les jours en attendant leur arrivée. Trois civils vont se retrouver plongés au coeur du conflit : le jeune Alto qui rêve de devenir pilote de Valkyrie, la chanteuse superstar Sheryl en tournée sur le vaisseau, et Lanka l'une de ses fans et gamine pleine d'entrain...

Shoji Kawamori nous offre une nouvelle série pour fêter le vingt-cinquième anniversaire de la saga Macross.
Après un premier épisode très impressionnant livré en avant-goût fin 2007, l'anime a enfin débuté sa diffusion régulière. Trois segments plus tard, on est toujours estomaqué par la qualité de la réalisation, plus conforme aux normes qualitatives d'une OVA grand luxe que d'un show télévisé. Sceptiques du fait de l'usage de 3D dans la représentation des Valkyries - comme lors de Macross Zero - et des ennemis Vajra, les fans ont changé leur fusil d'épaule au vu des premières batailles aériennes, absolument formidables et toujours empruntes de Itano Circus à foison. Largement mieux intégrés que les pâtés de pixels proposés l'an dernier par Production IG et Gonzo - respectivement Reideen et Bokurano - et ce grâce à un léger effet cel-shading, les CG de Macross Frontier sont, comble de l'ironie, un atout par rapport aux compétiteurs. Le scenario lui en revanche a un peu de mal à décoller : à la fois séquelle et remake déguisé des précédentes séries, le programme n'a pas encore trouvé sa voie, et lorgne trop souvent du côté du passé. Soyons cléments, il ne s'agit que des trois premiers épisodes et malgré tout le divertissement est garanti. En attendant ce grand boom, les habitués se délecteront du fan-service omniprésent et redoutablement efficace : des statues du Macross premier du nom ornent la ville, Lanka est serveuse dans un restaurant chinois comme Lyn Minmay, des cartes militaires montrent la planète Eden de Macross Plus et ainsi de suite. Les puceaux pour leur part se contenteront d'un fan-service ô combien moins inspiré grâce à Lanka, soumission supplémentaire au règne du moe !

Reste à savoir si ce bijou incritiquable sur la forme saura à moyen-terme sortir de son écrin pour casser la baraque avec des arguments... un peu plus scriptés.
 

HIMITSU - TOP SECRET (C+)
[Policier - Drama - SF]



Dans le futur, la police utilise une technologie capable de décrypter les images vues par les victimes juste avant leur mort, ainsi que leurs derniers souvenirs. Grâce à ces techniques, le taux d'élucidation des affaires suit une courbe ascendante mais de nouveaux problèmes émergent dans leur sillage, à commencer par l'exposition publique de secrets enfouis qui n'auraient jamais dû être déterrés...

Le premier épisode m'a largement déçu.
Himitsu - Top Secret faisait partie des séries que j'attendais, adaptée du manga de Reiko Shimizu, mais cette petite historiette d'introduction ne propose malheureusement qu'une succession de clichés mille fois revus, de personnages fades, de BGM nuls de chez nuls, le tout enrobé d'une couche crypto-gay mièvre et opportuniste. Pour couler le navire, on peut porter l'attention du lecteur sur le fait que le suspense est inexistant, étant donné que l'on devine l'issue de l'enquête immédiatement, ce qui représente quand même l'erreur à éviter en priorité dans le genre semi-policier que l'anime prétend prolonger. Je ne dirais pas que c'est franchement mauvais mais honnêtement, dans le genre procedural voire thriller à l'américaine, les séries live de type FBI Portés Disparus ou Cold Case font cent fois mieux depuis belle lurette, d'où mon questionnement sur le bien-fondé de produire des anime qui s'inscrivent dans ce genre - peut-être l'unique d'entre tous - où une prestation d'acteur peut faire toute la différence. Que la suite me donne tort, merci.

Au passage, croyez-le ou non mais le personnage au premier plan de l'illustration est un homme... ce qui n'empêche nullement quinze gros-plans sur ses lèvres rosées et pulpeuses durant l'épisode. A partir de quel moment peut-on considérer qu'une fille qui aime le yaoi est en fait une lesbienne qui s'ignore ?


ITAZURA NA KISS (B-)
[Romance - Humour - Quotidien]




Kotoko a un faible pour le très intelligent Naoki, qui la rejette brutalement parce qu'elle est une élève de la Classe F, celle des sous-doués. Elle s'apprête à abandonner l'idée de se rapprocher de ce garçon antipathique, mais le soir-même un tremblement de terre détruit sa maison. Un ami d'enfance du père de Kotoko les invite tous les deux à vivre dans sa grande maison en attendant de trouver une solution. Evidemment, l'ami en question a aussi un fils, et ce fils n'est autre que Naoki...

Sans doute l'anime le plus old-school de la saison, adapté par TMS d'un shojo manga qui il est vrai date un peu - sa mangaka, Kaoru Tada, est décédée d'une hémorragie cérébrale en 1999. Le chara-design fait très première moitié des 90', idem pour l'humour - le retour des corbeaux qui traversent l'écran et un bon répertoire de grimaces à l'ancienne - et c'est à ce titre que le charme opère. L'animation est moyenne, le filtre blanc par-dessus l'image est un peu pénible, mais l'important est ailleurs. Les deux premiers épisodes sont rythmés, drôles et plaisants à la Kare Kano. Mais patatra, le troisième volet tombe dans les travers habituels du shojo gnan-gnan et réduit d'une traite l'enthousiasme suscité par la fraicheur de ceux qui l'ont précédé : reste à savoir si cette romance trop romancée n'est que passagère ou si la tendance se poursuivra en décimant le capital sympathie de la série avec elle. Quoiqu'il en soit, les filles vont adorer, mais pas qu'elles puisque votre serviteur aussi a décidé de laisser sa chance à cet anime anachronique.

Itazura Na Kiss
rejoint donc l'interminable liste des anime d'avril 2008 dignes d'attention.


GOLGO 13 (TV) (B)
[Espionnage - Action - Policier]




Le redoutable tueur à gages Golgo 13 reprend du service...

Première adaptation animée télévisée pour le manga créé en 1969 par Takao Saito. C'est un plaisir de retrouver l'impitoyable Duke Togo, même si 150 tomes du manga oblige, j'ai du mal à discerner les histoires inédites de celles reprises de chapitres en particulier. On sent la volonté de suivre l'exemple des précédents travaux de Osamu Dezaki - l'écran splitté fait une apparition bienvenue - mais dans ces deux premiers épisodes ni le talent ni le budget n'ont l'air comparables en définitive. Pour dire vrai, c'est un peu mou du genou en matière d'animation, malgré quelques effets 3D assez réussis de la part de Answer Studio, mais ces économies semblent liées au grand nombre d'épisodes prévus, environ une cinquantaine. Le scenario du premier segment, inévitablement conçu pour tenir en vingt minutes, est quelconque et ne rend pas forcément justice à la complexité dont fait parfois preuve le manga. Celui du second épisode est plus intéressant, puisqu'il met Golgo 13 en fâcheuse posture, mais une fois encore, je reste persuadé que le format des anime télévisés  n'est pas le plus adapté à l'oeuvre. Le résultat, froid bien que peuplé de créatures dénudées, est donc mi-figue mi-raisin. Si le personnage n'était pas un monument nostalgique, pour ne pas dire un mythe, on serait sans doute moins indulgent. Partial, je dirais que j'ai bien aimé, mais seulement parce que ça m'a fait plaisir de retrouver ce visage familier. Si j'étais véritablement objectif, ce début de série m'aurait plutôt inspiré un haussement d'épaules résigné façon "D'accord je prends acte", sans plus.

A ne pas louper, le générique de clôture en totale conformité d'esprit avec le manga.


CODE GEASS R2 (A)
[SF - Drama - Fantastique]




Suite de la première série, qui se concluait sur un cliffhanger intense. Lelouch va de nouveau devoir déjouer les plans de l'Empire de Britannia, contracter des alliances et réorganiser la rébellion, tout en préservant secrète sa véritable identité. Obstacle de taille à ses ambitions de pouvoir et de libération nationale, l'arrivée inopinée d'un petit frère, Rolo, que tout le monde semble avoir accepté comme tel voilà plusieurs années. Mais la situation et l'entente apparente ne sauraient faire oublier à Lelouch qu'il n'a jamais eu de frère...

J'ai fortement douté de la capacité de Sunrise à produire une suite qui puisse avoir un intérêt.
Hit en puissance de 2006-2007, Code Geass prenait le risque de s'éterniser, de devenir un gros navet pour satisfaire aux lubies de quelques centaines de milliers de fans acharnés. J'avais omis un détail, c'est que Goro Taniguchi - Infinite Ryvius, Planètes et GunXSword - est encore une fois aux commandes. Comme d'habitude, il faudra jouer le jeu d'une ou deux invraisemblances pour adhérer à l'histoire complexe et aussi un peu capillo-tractée que l'on nous sert, mais une fois cet effort accompli, la série retrouve son tonus et son extraordinaire capacité à étonner avec des rebondissements à la minute. Ecueil presque systématique de tous les anime du même type qui ne savent rapidement plus quoi en faire, l'ajout de personnages supplémentaires est ici médité en amont et contribue à une tornade de relations interpersonnelles bouillonnantes, de conflits prometteurs et de séquences à suspense sulfureuses. Cerise sur le gâteau, les choses vont vite, très vite, peut-être trop vite, et l'ennui n'est pas prévu au programme. En seulement trois épisodes, Code Geass R2 semble légitimer son existence avec une confiance désinvolte, à l'image d'un Lelouch diaboliquement sûr de lui, en rappelant l'excellence de ses débuts, la pertinence de son fond habité de considérations politiques loins d'être idiotes, le tout surmonté de combats toujours vifs et sans fioritures. Emaillé de petits défauts mais inondé d'immenses qualités narratives, Code Geass est bel et bien de retour, et si quelques situations répétitives s'immiscent dans le tas, c'est pour mieux être dégommées l'instant d'après par un twist venu des entrailles de l'âge d'or de Sunrise.

Le robot anime est un genre peu sollicité en 2008, et on comprend pourquoi. La concurrence se cache !


NABARI NO OU (B-)
[Combat - Folklore - Humour]




Rokujo Miharu est un lycéen étourdi et insouciant mais il possède un pouvoir unique. Alliés et rivaux s'organisent chacun de leur côté tandis qu'il devient la cible des légendaires et dangereux ninjas Iga. Il est vite entrainé dans une lutte de longue haleine où il devra apprendre à contrôler ses capacités pour survivre...

Un autre shonen qui a la malchance de débuter en même temps que Soul Eater. Pourquoi malchance, et bien parce qu'à côté de l'immense recherche stylistique accomplie par Bones sur sa dernière création, cette petite série de JC Staff fait pâle figure avec ses décors crayonnés, sa réalisation correcte mais sans envergure et son chara-design plutôt morne, dont on ignore quelle substance ont consommé les responsables pour en faire une telle tribune yaoi - fidèle au manga cela étant. Le scenario, portant sur les rivalités ancestrales entre groupes de ninjas, s'annonce anorexique et d'une grande banalité, d'autant que les personnages ne semblent posséder aucune aura particulière qui pourrait rendre l'anime captivant à moyen-terme. Au final les deux premiers épisodes se laissent suivre sans trop de déplaisir, ça n'est même pas si mal pour un studio globalement généreux en pétards mouillés, mais quand je pense que la série s'étendra peut-être sur plus d'une quarantaine de segments, des gouttes de sueur perlent à mon front. Voilà je crois un programme que ceux qui s'auto-proclament public difficile pourront contourner sans grands regrets, même si je compte bien tester encore un peu la consistance de la mixture. Pour l'instant, aucune passion ne ressort du contenu, décent sans plus, avec un humour au moins aussi étrange que l'aspect rudimentaire du design général.

Shonen ou pas, on a du mal à concevoir un succès gargantuesque pour cette série aux débuts pour le moins modestes. Le jour où mon petit cousin portera un t-shirt à l'effigie de Rokujo est encore loin.
 




Quel dommage, je n'ai pas pu émettre quelques commentaires précoces - et donc péremptoires comme ceux qui jalonnent ce post ! - sur les autres séries majeures d'une saison mouvementée qui mériterait plus que ça : Tower Of Druaga, Amatsuki, Real Drive, Chi's Sweet Home, Blassreiter, Toshokan Senso... et surtout sur le prometteur The Daughter Of Twenty Faces. Non, non, encore moins sur Kanokon...

Publié dans Anime X-Tra

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